Dragons & féminin divin - partie 2
- Laurence Maâtchantkâ

- 17 juil.
- 3 min de lecture
Serpent et Dragon : une évolution du regard parallèle à la soumission du féminin

La relation entre la femme, le féminin et la Nature est ancienne et profonde.
Par leur capacité à enfanter et par leurs cycles, les femmes ont longtemps été associées aux puissances de la Terre. Leur lien symbolique avec le serpent est tout aussi ancestral. Chaque mois, d'une certaine manière, la femme mue elle aussi.
Le Dragon est une créature de métamorphose.
Or, ce qui caractérise la Nature, ses cycles et la Déesse, c'est justement cette capacité permanente de transformation.
Les grands mystères dont le Dragon est porteur sont précisément ceux qui furent attribués aux Déesses de l'Antiquité occidentale ainsi qu'aux fées, telle Mélusine de Lusignan.
Puissantes, terrifiantes, monstrueuses parfois, tout autant que dispensatrices de dons et de talents — à l'instar des Dragons asiatiques — les Déesses ont, elles aussi, été peu à peu réduites, soumises et diminuées.
Par exemple, dans la Grèce antique, le drákōn désigne souvent un serpent immense ou une créature serpentine. À Delphes, les prophétesses de la Déesse de la Terre vénéraient un serpent immense, le Python, jusqu'à ce que le culte d'Apollon remplace celui de la Déesse : le serpent est alors détruit et l'oracle, initialement consacré à la puissance des profondeurs de la terre devient un sanctuaire dédié à une divinité masculine, solaire.
Les pythies garderont le nom en mémoire du serpent, mais le culte sera remplacé.
Plus près de chez nous, au Mont Saint Michel, avant que ne soit construit l'abbaye et les édifices chrétiens, est attesté qu'un sanctuaire celte - ou bien antérieur - était présent.
Puis les premières chapelles, et enfin l'abbaye qui s'élèvent vers le ciel, pour glorifier les puissances divines célestes et effacer, les cultes paiens, qui à l'époque doivent complètement disparaître pour imposer le nouveau culte au pouvoir.
Le serpent - dragon devient alors le symbole de l'hérésie des paiens, des celtes et des adorateurs des forces de la natures, des polythéistes. Il figure "le mal, qui doit être chassé et reconduit dans les entrailles de la terre.
En tout cas, au premier regard. Car il existe de multiples niveaux de lectures, j'y reviendrai dans d'autres posts.
Que renferme l'abbaye, au coeur de la Terre?
Notre Dame sous terre, et sa Vierge Noire.
Idem à la cathédrale de Chartres, dans la crypte, un ancien sanctuaire druidique également.
Que sont les Vierges Noires?
Des représentations de la Mère divine, qui se trouvent toujours dans des grottes ou des cryptes - sous terre- et représentent le lien de la Vierge avec les Déesses anciennes de la Terre : Démeter, Isis.
L'archange Michael ne tue pas le dragon. Il le terrasse.
St Georges ne tue pas le dragon. Il le dresse.
La force de la Nature - le Dragon - et de la Mère divine ne peuvent être éteintes.
Depuis des siècles, la religion, le pouvoir désire contrôler les forces du Vivant. Mettre de l'ordre. Rassembler. Dresser. Terrasser. La mère divine tellurique ne pouvait être effacée : alors on l'a caché. Contenue. Ensevelie. À moins que ce ne soit pour la protéger de l'oeil profane;
Mais aujourd'hui les Dragons, comme le féminin divin, reviennent à notre conscience.
Le diable "diabolein" c'est ce qui divise.
Ainsi à été projeté sur le symbole du dragon la figure du diable.
Comme le péché sur le féminin divin, Eve et sa lignée, c'est à dire, les anciennes prêtresses qui adoraient la Déesse accompagnée de son serpent-dragon, les forces de la nature, l'arbre de vie.
Mais il s'agit avant tout d'histoires de pouvoir religieux et politiques, qui n'ont rien à voir avec le sacré.
La tradition hermétique, celle qui n'a jamais cessé d'honorer la Mère ET le Père, la Terre et le Ciel, et dont l'enseignement est présent dans les cathédrales, par les Maîtres Bâtisseurs, nous l'enseignent, et nombreux sont les dragons stylisés dans la pierre qui en attestent.
Mais cela fera l'objet d'un autre post :-)
Plus récemment, dans nos mythes contemporains, le Dragon semble retrouver une forme de sympathie et se réconcilier avec l'humain, au même moment que les femmes recouvrent le féminin sauvage et divin.
Peut-être est-ce le signe que nous ressentons aujourd'hui l'urgence de renouer avec les forces de la Nature et de transformer notre regard sur ce qui, durant des siècles, fut qualifié de monstrueux, parce qu'incontrôlable par des pouvoirs politiques ou religieux.
Peut être est-ce le signe que les Forces spirituelles avec lesquelles nous sommes en relation appellent à une régénération du Vivant, qui passe psychiquement également par l'équilibre des polarités divines, tout autant que par honorer la Terre et le Ciel.
Grande fut ma joie en tout cas, de voir à la Cathédrale de Wells une exposition ludique ou un immense dragon rouge en baudruche remplissait le vaisseau central de la nef!
Laurence
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